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ACTUALITE
Date de publication : mercredi 17 juin 2026 - Source : Ichretien.com avec Autre Presse AfriqueAfrique du Sud : des responsables religieux alertent sur une crise migratoire révélatrice des failles de gouvernance![]()
Des responsables religieux africains ont estimé que la montée des violences et du sentiment anti-immigrés en Afrique du Sud traduit des défaillances profondes en matière de gouvernance, d'inégalités économiques et de services publics, appelant les autorités à s'attaquer aux causes structurelles de la crise plutôt qu'à faire des migrants des boucs émissaires.
Réunis le 10 juin lors d'un webinaire organisé par l'Association des évangéliques en Afrique (AEA), des dirigeants d'Églises, des représentants de réfugiés et des défenseurs des droits humains ont exprimé leur inquiétude face à l'aggravation des tensions dans plusieurs provinces sud-africaines, où des groupes anti-immigrants multiplient les intimidations et les violences contre les ressortissants étrangers, Christiandaily.com. Selon les intervenants, si le chômage, la criminalité et la dégradation des services publics alimentent une colère réelle au sein de la population, les migrants sont de plus en plus tenus responsables de problèmes qui trouvent leur origine dans des difficultés économiques et institutionnelles de longue date. « Notre objectif est de comprendre ce qui se passe afin d'identifier des solutions pour construire une Afrique pacifique et prospère », a déclaré le secrétaire général de l'AEA, le Dr Master Matlhaope, précisant que la démarche ne visait pas à désigner des coupables mais à favoriser une réponse durable à la crise. Les représentants des réfugiés ont décrit une situation humanitaire préoccupante, notamment dans la province du KwaZulu-Natal. Selon Mnindje Kabakiiwa, du South Africa Refugee Led Network (SARLN), des migrants vivent quotidiennement sous la menace d'actes d'intimidation, tandis que leurs commerces sont contraints de fermer et que de nombreuses familles ne parviennent plus à assurer leur subsistance. « Des enfants ne peuvent plus fréquenter l'école et plusieurs familles ne sont même plus en mesure de payer leur loyer », a-t-il indiqué, évoquant également les retards administratifs qui compliquent l'obtention des documents nécessaires aux demandeurs d'asile. Les violences se sont intensifiées après une manifestation anti-immigration organisée en mars à East London, avant de s'étendre à d'autres villes du pays. Face à cette détérioration de la situation, plusieurs États africains, dont le Nigeria, le Ghana, le Mozambique et le Malawi, ont organisé ou facilité le rapatriement volontaire de leurs ressortissants. Selon les estimations officielles, l'Afrique du Sud accueille entre 2,4 et 3,1 millions d'étrangers. Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a condamné les violences xénophobes et rappelé que l'application des lois sur l'immigration relève exclusivement de l'État. Tout en reconnaissant les préoccupations liées à l'immigration irrégulière, il a jugé injustifiables les attaques contre les ressortissants étrangers et promis des mesures contre les groupes incitant à la violence. Pour la défenseure des droits humains Sharon Ekambaram, les migrants paient aujourd'hui le prix de frustrations sociales qui trouvent leur origine dans la corruption, la mauvaise gouvernance et les inégalités persistantes. « Les véritables difficultés auxquelles le pays est confronté sont instrumentalisées contre les communautés les plus vulnérables », a-t-elle affirmé, dénonçant une crise humanitaire marquée par des expulsions forcées, des fermetures d'entreprises, des obstacles à l'accès aux soins de santé ainsi que des interruptions de la scolarité des enfants migrants. Elle a également souligné que les traumatismes psychologiques provoqués par ce climat d'insécurité touchent particulièrement les plus jeunes, confrontés à la discrimination et aux déplacements forcés de leurs familles. Face à cette situation, les Églises disent avoir renforcé leur action humanitaire. Selon Mxolisi Nyuswa, directeur des programmes du Conseil chrétien du KwaZulu-Natal, plusieurs communautés chrétiennes distribuent des vivres, des vêtements, des couvertures et apportent un accompagnement psychosocial aux personnes déplacées. Les responsables religieux travaillent également avec des organisations humanitaires afin de favoriser le dialogue entre populations locales et communautés migrantes, notamment à Durban, où des rencontres sont en préparation pour tenter d'apaiser les tensions. Pour les participants au webinaire, la crise actuelle dépasse largement la question migratoire. Elle met en lumière les fractures économiques, sociales et institutionnelles qui fragilisent la démocratie sud-africaine et appellent, selon eux, à des réformes profondes afin de restaurer la cohésion nationale. retour QUE PENSEZ-VOUS DE CET ARTICLE
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