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ACTUALITE
Date de publication : mardi 3 mars 2026 - Source : Ichretien.com avec Autre Presse InternationalInde : des chrétiens contraints à la reconversion pour pouvoir enterrer leurs morts![]()
Chhattisgarh (Inde) – Dans l’État du Chhattisgarh, en Inde centrale, des chrétiens tribaux se voient refuser le droit d’inhumer leurs proches sans condition. Des habitants exigeraient une reconversion à l’hindouisme avant toute autorisation de sépulture, selon plusieurs organisations chrétiennes locales.
Le 24 février, Sambai Mandavi, 34 ans, est décédée des suites de complications respiratoires et cardiaques. Son corps repose toujours à la morgue de l’hôpital de Durgkondal, dans le district de Kanker. Son mari, Kamlesh Mandavi, affirme que des villageois d’Amodi empêchent l’inhumation, que ce soit dans le cimetière public du village ou sur un terrain privé appartenant à la famille. Selon un communiqué de l’Alliance chrétienne progressiste (PCA), les opposants soutiennent que des rites funéraires chrétiens « souilleraient » les terres et les divinités locales. Des menaces d’exhumation auraient également été proférées si l’enterrement avait lieu. Ces faits surviennent quelques jours après une ordonnance provisoire rendue par la Cour suprême de l'Inde, interdisant toute nouvelle exhumation de corps chrétiens dans l’État. Le 18 février, les juges ont suspendu les exhumations forcées à la suite d’une requête d’intérêt public déposée par l’Association du Chhattisgarh pour la justice et l’égalité (CAJE). Le gouvernement de l’État dispose d’un délai de quatre semaines pour répondre. Pourtant, selon des responsables chrétiens, les pressions et menaces se poursuivent dans certaines zones rurales. Le Forum chrétien uni (UCF) affirme avoir recensé 23 incidents liés à des inhumations chrétiennes en 2025 dans les États du Chhattisgarh, de l’Odisha et du Jharkhand. Parmi les cas signalés : des corps exhumés plusieurs années après leur enterrement ; des familles contraintes de déplacer les dépouilles sur des sites éloignés ; des tentatives d’exhumation sur des terrains familiaux. En parallèle, l’UCF évoque plus de 700 actes de violence antichrétienne enregistrés en 2025 à travers le pays. Plusieurs responsables religieux établissent un lien entre ces conflits funéraires et les campagnes dites de Ghar Wapsi (« retour à la maison »), visant à encourager les convertis au christianisme à revenir à l’hindouisme. Des organisations nationalistes hindoues telles que le Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS) et le Vishva Hindu Parishad (VHP) sont régulièrement citées dans des plaintes locales, bien que leurs responsables rejettent toute accusation systématique. Au cœur du débat figure également la question du statut de « tribu répertoriée » accordé aux communautés autochtones. Certains groupes affirment que les convertis au christianisme perdraient leur identité tribale et, par conséquent, les avantages constitutionnels associés. Des organisations chrétiennes rappellent toutefois que la Constitution indienne ne lie pas l’identité tribale à l’appartenance religieuse. La pétition actuellement examinée par la justice demande la reconnaissance explicite du droit, pour toute personne, d’inhumer ses défunts dans son village sans discrimination religieuse. L’organisation Portes Ouvertes classe l’Inde au 12e rang mondial des pays où il est le plus difficile d’être chrétien en 2026. Des défenseurs des droits religieux estiment que le climat politique depuis l’arrivée au pouvoir du Premier ministre Narendra Modi en 2014 a favorisé l’affirmation de groupes nationalistes hindous dans certaines régions. Le gouvernement du Chhattisgarh n’a pas encore réagi publiquement aux dernières allégations. Pour la famille Mandavi, le deuil reste suspendu à une décision administrative et à l’évolution des tensions locales. L’affaire doit être examinée de nouveau dans les prochaines semaines. retour QUE PENSEZ-VOUS DE CET ARTICLE
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