Abidjan, 2 mai 2026 — Et si la prière devenait un acte national ? C’est le pari assumé par le Consistoire des Églises Protestantes et Évangéliques de Côte d’Ivoire (CPECI) qui annonce une grande veillée baptisée « Convocation Divine – Appel à la prière Abidjan 2026 », prévue le 24 mai au stade Félix Houphouët-Boigny.
Derrière cet événement, une ambition claire : rassembler, au-delà des églises et des appartenances, des milliers de voix pour porter un même cri — celui de la paix, de la stabilité et de l’espérance.

Lors d’une conférence de presse, les organisateurs ont posé le décor : un monde en perte de repères, une société sous tension, et une nation qui aspire à un équilibre durable. « L’Église ne peut rester spectatrice », a martelé l’orateur Charles Amatcha. Pour lui, les réponses aux crises actuelles ne peuvent être uniquement politiques ou économiques : elles doivent aussi être spirituelles.
Mais cette initiative ne sort pas de nulle part. Elle s’inscrit dans l’ADN même du Consistoire, né en avril 2016 dans un moment de choc national. Quelques semaines après l’attentat de Grand-Bassam, une évidence s’impose alors : les protestants évangéliques, bien que nombreux, manquent d’une voix commune capable de parler à la nation dans les moments décisifs.

De cette fracture est née une vision : unir pour mieux servir. Structurer pour mieux impacter. Faire entendre une parole collective là où régnait la dispersion.
Aujourd’hui, sous la conduite du Dr Dion Yayé Robert, le Consistoire assume ce rôle de plateforme d’unité et de représentation. Et cette « Convocation Divine » en est l’une des expressions les plus visibles.
Trois axes guident cette mobilisation : prier pour les autorités et les institutions, briser les barrières entre croyants pour affirmer l’unité du corps du Christ, et surtout redonner espoir à ceux que la vie a fragilisés. Un message simple mais puissant traverse l’événement : personne n’est trop petit pour influencer le destin d’une nation.
Le programme se veut à la hauteur de l’ambition : louanges portées par des chorales venues d’ici et d’ailleurs, temps de repentance nationale, moments de prière intense et messages orientés vers une transformation sociale enracinée dans les valeurs chrétiennes.
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Plus qu’un rassemblement religieux, les organisateurs parlent d’un « tournant spirituel ». Une tentative de replacer la foi au cœur du débat national, non comme un refuge, mais comme un levier d’action.
Et dans cette dynamique, les médias sont appelés à jouer un rôle clé : relayer, amplifier, témoigner. Car au fond, il ne s’agit pas seulement d’un événement, mais d’un mouvement que ses initiateurs espèrent voir dépasser les murs du stade.
Reste une question, presque suspendue : une nation peut-elle réellement changer à genoux ?
Le 24 mai, Abidjan apportera peut-être un début de réponse.
Ethan
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