Aime la page Facebook.com de iCHRETIEN.COM !

Et Rejoins la Communauté du
Premier Portail Chrétien de Côte d'Ivoire !


ACTUALITE

Date de publication : mardi 17 novembre 2015 - Source : mediapart.fr

Gabon

Gabon - Afrique - France / Le problème théologico-politique ne fait que commencer


Gabon - Afrique - France / Le problème théologico-politique ne fait que commencer
Au-delà de ce qui préoccupe le Monde Occidental ou le Proche-Orient, nous ne devons pas oublier que le temps politique est en phénomène assez différent du temps médiatique.



La politique est un processus avec sa logique et ses automatismes alors le médiatique est une succession d’événements qui se succèdent les uns aux autres souvent de manière irrationnelle. Ce n’est pas parce que les médias n’abordent pas de manière substantielle le problème théologico-politique au profit des lieux communs qui n’aident personne, que « ce » problème théologico-politique n’est pas précisément le sujet majeur du 21e siècle pour le monde entier.

Pour nous les Africains en particulier, le problème théologico-politique est devenu dans des pays comme la République Démocratique du Congo (des millions de morts dans une indifférence universelle stupéfiante) ou le Nigéria (des milliers et des milliers de morts), un terrain sur lesquel le conflit du Moyen-Orient, justement, déferle par la Corne de l’Afrique sur le continent africain. On sait que les hamites par exemple (l’Ethiopie, le Rwanda, l’Ouganda, l’Erythrée…) qui se considèrent (bibliquement) comme les « descendants de la Reine de Saba » se sont opposés, au nom du « choc des civilisations », depuis des décennies, à une coalition hétéroclite, entre autre, de pays musulmans africains (le Soudan, le Tchad, le Centrafrique, l’Angola, le Zimbabwé …etc.).

On ne peut pas comprendre autrement un drame comme le Génocide du Rwanda de 1994 (presque 1 million de morts). En réalité, « le problème theologico-politique » ne fait que commencer et devrait durer plusieurs décennies. Le problème ne sera jamais la « religion » en tant que telle mais bel et bien le « théologico-politique » avec tous les enjeux de pouvoir que cela implique.

Il est urgent qu’en tant qu’Africains nous maitrisions bien un langage commun : celui de la métaphysique c’est-à-dire de la raison raisonnante pour nous éloigner de la double obscurité sur laquelle surfent les médias : l’ignorance et la passion. Le continent africain en particulier et le monde en général sont menacés d’être emportés par une tension religieuse s’ils ne résolvent pas le problème théologico-politique.

La Religion diffère du « problème théologico-politique »

Le fait que la Religion apparaisse de nos jours comme liée aux mouvements spirituels les plus significatifs de notre temps rappelle une fois de plus que la culture est enracinée dans le terroir de la foi. En effet, les formes de la culture sont déterminées en premier lieu par la manière dont l’homme appréhende le monde qui l’entoure, par l’idée qu’il se fait de lui-même, de la vie, de l’Être suprême, par les principes éthiques qui règlent sa conduite, par les idéaux qui inspirent son œuvre. En un mot la culture naît en fin de compte au cœur de ce que l’on peut appeler religion, au sens large du terme.

Même pour des chercheurs très éloignés de la foi, il est clair depuis longtemps que l’éthique et la métaphysique, l’art et les sciences naturelles lui sont redevables de leur origine. L’art est né comme art sacré, la science et la philosophie, sont apparues comme une tentative pour donner un sens au regard religieux porté sur le monde ; la morale, le droit, la famille ont trouvé leurs assises sur les commandements de la foi[1]. Et cela ne vaut pas seulement pour le passé. La foi en un sens supérieur de l’Univers aujourd’hui comme dans l’Antiquité, apparaît comme l’axe qui confère son unité à toute culture.

Il faut entendre par "jugement d'existence" tout jugement où l'on prétend affirmer, soit la simple réalité existentielle d'un sujet (comme lorsqu’'on dit "Dieu existe" ou "Moïse a existé"), soit la réalité existentielle d'un sujet et d'un prédicat déterminé réalisé en lui (comme lorsque l’on dit : "Je crois" ou "Mahomet a reçu le premier verset du Coran dans la caverne de Hira."). Cette réalité existentielle peut, bien entendu, être affirmée au présent, au passé ou même au futur. Qu’est-ce donc que la religion, la foi religieuse, et qu’est-ce qui l’engendre ? Les réponses à cette question sont très diverses et parfois contradictoires.

Kant liait la religion au sens du devoir moral, le théologien allemand Schleiermacher, au sentiment de la dépendance, l’historien français Reinach à l’ensemble des sentiments de la conscience, le penseur anglais Russel la définissait comme la peur, devant l’inconnu, le philosophe allemand Paulsen comme une disposition interne faite d’humilité et d’espérance. Nous n’allons pas nous arrêter à l’opinion des penseurs du « Siècle des Lumières », pour qui la religion serait le produit d’une fraude calculée. Les athées eux-mêmes ont renoncé depuis longtemps à cette théorie.

Le sociologue Max Weber a démontré sur des bases solides que la religion se constitue dans le cadre d’une minorité choisie de « guides charismatiques » dont les idées exercent une très forte influence sur les rapports sociaux et économiques au sein de la société : La prédication d’une nouvelle doctrine fait irruption dans le processus de l’histoire comme quelque chose qui germe dans les profondeurs de l’esprit et même si son succès dépend des conditions sociales, ce ne sont pas ces conditions qui la fondent.

Le Christianisme, qui fit son apparition dans un monde où régnait l’esclavage, a continué à vivre dans toutes les formes sociales qui en ont pris le relais. L’Islam, né dans un système de décadence du système des clans, est devenu la religion de nombreux pays dotés de structures économiques et sociales variées. Dans le Japon capitaliste règne jusqu’à ce jour le Shintoïsme tandis que les peuples de l’Inde pratiquent depuis quatre mille ans la religion des Védas.

Le philosophe anglais C. Dawson écrit que "les barrières majeures entre les peuples ne sont ni raciales, ni linguistiques ou géographiques, elles relèvent de la diversité de l’esprit : Grecs et Barbares, Juifs et non-Juifs, Musulmans et Hindous, Chrétiens et païens. Dans tous ces cas existent des conceptions différentes de la réalité, une autre morale, d’autres normes esthétiques, en un mot, un autre monde intérieur. A la base de toute civilisation, on constate deux facteurs spirituels : une communauté de pensée et d’action nouée par l’histoire et l’illumination soudaine d’un prophète ou d’un penseur.

L’expérience de Mahomet dans la grotte du Mont Ghiri, – lorsqu’il vit la brièveté et l’insignifiance de la vie humaine, pareilles aux vibrations de l’aile d’un moustique en regard de la majesté et de la puissance de l’Unité Divine – cette expérience changea la vie d’une partie énorme de l’humanité. Car le peuple qui, trois fois le jour, entend la voix du muezzin proclamer l’unicité de Dieu, ne peut regarder le monde avec les mêmes yeux que l’hindou qui divinise la vie de la nature dans ses formes innombrables et contemple l’Univers comme la manifestation du jeu des énergies sexuelles du cosmos[2].

La plupart des définitions de la religion souffrent d’un commun défaut : elles nous parlent presque exclusivement des présupposés psychologiques de la foi, des particularités de l’âme humaine qui engendrent les expériences mystiques. S’il n’était question que de psychologie de la religion, ce serait justifié ; mais ce qui nous intéresse, c’est l’essence même de la foi et c’est la raison pour laquelle des définitions de ce genre s’avèrent insuffisantes pour nous. Pour nous, la Religion est la réfraction de l’Être dans la conscience des hommes, mais toute la question est de savoir comment comprendre l’Être lui-même.

Le matérialisme le réduit à la nature sans raison, tandis que la religion voit à sa base l’Essence Divine cachée et se saisit comme réponse à la manifestation de cette Essence[3]. Mais si l’être naturel est évident pour tous, par quels organes sensoriels l’homme peut-il reconnaître l’Être divin ? En d’autres termes : nous ne voyons ni n’entendons le Transcendant ; comment savons-nous qu’il est réel?

Le problème théologico-politique ne fait que commencer

Juifs, Chrétiens ou Musulmans, il faudrait, pour établir le problème théologico-politique, analyser sur un plan métaphysique le contenu fondamental commun à tous nos jugements d'existence ou nos actes de foi. Qu'est-ce donc que nous avons conscience de connaître lorsque nous jugeons catégoriquement de l'existence d'un fait quelconque : Moïse a vu la terre promise, Jésus est ressuscité ou Mahomet a vu l’ange Gabriel ? Quatre choses à priori :

Premièrement, des catégorie conceptuelle" du "réel" : d'abord nous affirmons que tel fait figure dans ce qu'on peut appeler (plus ou moins proprement) une "catégorie conceptuelle" du "réel" (au sens fort et actuel de ce mot). Car on peut considérer (du moins en un certain sens) que tout jugement d'existence (acte de foi) attribue à un objet déterminé la qualité d’"existant", à la manière d'une espèce de prédicat. A ce titre on peut parler (si du moins on s'en tient à un aspect superficiel des choses) d'une "catégorie conceptuelle" du "réel" ou de l’"existant", dans laquelle nous classons tous les objets de nos jugements d'existence, comme nous classons dans la catégorie conceptuelle de croyant toutes les personnes qui partagent la même foi dans l’existence d’un Dieu.

Deuxièmement, des phénomènes réels : proclamer qu'une chose est ou que Dieu est, c'est encore et surtout connaître que cette chose ou ce Dieu fait partie d’un système unique et cohérent de ces "phénomènes", ainsi qualifiés de "réels". Cette seconde affirmation va beaucoup plus loin que la précédente ; et l'on pourrait même montrer que la première n'était exacte que comme un symbole imparfait de ce qu'exprime la seconde.

Remarquons en effet qu’un «réel» n’est nullement un «prédicat» assimilable aux autres "réels". Car quand on dit que Moïse est le prophète d’Israël, Jésus est le Christ ou que Mahomet est le Messager de Dieu, on les classe bien chacun dans une catégorie conceptuelle, mais non dans un système concret d’êtres. Pour exemple, le Dôme du Rocher, sur le Mont du Temple des Juifs est l'un des monuments les plus célèbres de Jérusalem. Pour l’Islam, Mahomet s'y est envolé vers le paradis, traversant les 7 ciels, sur son cheval ailé Bouraq, pour rencontrer Allah ; lors de la Passion de Jésus, d'après les Évangiles, le rideau du Temple s'est déchiré au moment même de la mort du Christ ; les Juifs religieux quant à eux, s'abstiennent de mettre le pied sur l'Esplanade des Mosquées, site du Temple, pour éviter fouler l'emplacement sacré du Saint des Saints.

Si, on juge que telle hypothèse existe véritablement, on exclut l'autre hypothèse relative au Mont du Temple. Si on prononce que celui-ci appartient aux Musulmans, on exclut l'hypothèse qu'il serait aux Juifs, etc. Affirmer un fait, c'est donc poser qu'il est, pour tout le reste des faits, une condition dont il est nécessaire qu'ils tiennent compte sous peine d'irréalité. C'est donc ranger ce fait dans un système concret d'­objets réels de pensée, où aucune incohérence n'est admissible.

Troisièmement, proclamer qu'une chose est, ou que Dieu est, c'est du même coup, proclamer que ce phénomène possède en lui-même une foule de déterminations précises, qui, pour la plupart, nous échappent, mais n'en sont pas moins objectivement requises en elle, comme des éléments du réseau intelligible complexe qui doit la relier et l'harmoniser avec tout l'ensemble des autres faits.

Tant que, par exemple, nous envisageons simplement en elle-même l'idée de "pèlerin à Jérusalem", ou même de "pèlerin dans tel lieu de Jérusalem", ou que nous nous bornons à dire "un pèlerin pourrait être en ce lieu de pèlerinage à Jérusalem", il n'y a pas à se demander si le "pèlerin de Jérusalem" dont nous parlons est déterminément un chrétien, un musulman, ou un juif. II n'est déterminément rien du tout (c’est un croyant) et s'interroger sur ses particularités propres serait un non-sens. Mais si nous disons : "un pèlerin est dans le Saint-Sépulcre", devant le Mur des Lamentations ou sur le Mont du Temple, il faut absolument que, pour y être, il soit d'une "espèce déterminée" de croyant, et qu'il soit même déterminé jusque dans les moindres détails, de ses traditions, etc.

De ces déterminations particulières, concrètes, nous pouvons peut-être tout ignorer, selon ce que nous sommes mais nous ne pouvons douter qu'elles soient, en elles-mêmes, rigoureuses et précises, et le fait que nous les ignorons nous montre seulement qu'il y a là, pour nous, une infinité de problèmes d'ordre existentiel encore irrésolus.

Quatrièmement enfin, affirmer un fait (notamment religieux), ce n'est pas seulement le ranger dans le système objectif et cohérent des choses réelles et parfaitement déterminées en elles-mêmes, mais c'est du même coup, déclarer qu'il s'impose en droit à toute pensée particulière, comme une règle dont elle aussi doit tenir compte. Car c'est équivalemment prononcer qu'aucune pensée ne peut exclure ce fait du monde du "réel" sans s'exercer de travers, sans se tromper ; et qu'aucune pensée ne peut ignorer ce fait sans être, par là même inadéquate au réel total, et donc imparfaite.

Affirmer un fait religieux comme tel, c'est le classer dans un ensemble cohérent de choses réelles et parfaitement déterminées, auquel toute pensée ou tout acte de foi doit se conformer pour s’exercer comme il faut. Le risque est la multiplication des nouvelles guerres plus ou moins religieuses sur fond de « guerre des civilisations ». Or, les guerres « religieuses » n’ont rien de religieux car elles obéissent d’abord à des logiques fascistes et libérales. C’est pourquoi, le « problème théologico-politique » ne fait que commencer ! Les nouvelles générations doivent se montrer lucides et cesser de dormir sur les lauriers d’autres générations sinon elles seront la proie de tous les fascismes subséquents.

Bruno Ben MOUBAMBA

Docteur en Sciences Sociales et Politiques

EHESS, Paris.  



retour

QUE PENSEZ-VOUS DE CET ARTICLE








GETHSEMANE : TEMOIGNAGES EXCLUSIFS
Pasteurb ADE Landry: J'ai échappé au banditisme et à la rue grâce à JESUS
Pasteurb ADE Landry: J'ai échappé au banditisme et à la rue grâce à JESUS Le pasteur ADE Landry nous partage dans le cadre de notre rubrique Gethsemane, les difficultés de son ministère.
ICHRETIEN.COM



REJOIGNEZ-NOUS






FAITS ET BIBLES
Au Nigeria, un membre de l'église confronte le pasteur à la police après avoir transféré 1...
Au Nigeria, un membre de l'église confronte le pasteur à la police après avoir transféré 1 million de nairas au lieu de 100 000 nairas Un pasteur nigérian est sous le feu des critiques après avoir refusé de rembourser un transfert erroné d'un million de nairas, insistant sur le fait que cet argent est un don à Dieu.
Ichretien.com avec Autre Presse




ichretien.com :le Portail Chrétien de Côte d'Ivoire


Ichretien.com - Le Portail Chrétien de Côte d'Ivoire - Actualité Chrétienne Ivoirienne et Internationale 24 h/24 | Ensemble, Transformons des vies en ligne ! Tous droits réservés
Ichretien.com est une Marque du Groupe WINCOM - Tel : (+225) 58 58 18 58 / (+225) 08 60 60 04 - Siège Social : Abidjan - Côte d'Ivoire