La formation est aussi indispensable pour tout pasteur qui veut être comme JÉSUS. Cependant, l'image de l'Eglise face à la société est au dessus de tout. Face à la présence de plusieurs dérives de pasteurs malgré toutes ces écoles, dérives qui salissent l'Eglise, nous avons approché le Dr Albert ADADÉ pour traiter de la problématique : l'impact de la formation dans le ministère pastoral. Nous vous livrons le contenu de cet entretien.
Dr Adadé, vous avez rendu grâce à Dieu le 17 septembre pour vos 50 ans de ministère, vous avez vécu dans le ministère, comment vous voyez-vous cette pléthore d’écoles bibliques, est-ce un problème pour l’Eglise ? Pourquoi ?
Effectivement, j’ai été ordonné pasteur le 15 avril 1972. A cet effet, mes enfants spirituels ont jugé bon de m’honorer et nous avons ensemble rendu grâce à Dieu le 17 septembre 2022, Lui qui m’a choisi et appelé pour le ministère. Il faut noter que la même cérémonie d’action de grâce à Dieu m’a été déjà organisée à Paris le 16 avril 2022, par tous ceux et toutes celles qui ont bénéficié de mon ministère en Europe. C’est l’occasion pour moi de leur exprimer ma sincère reconnaissance.
Pour répondre à votre question, nous avons vécu le ministère comme un lourd fardeau, celui qui vient de Dieu, laisse une marque indélébile dans notre esprit. Ce n'est pas quelque chose que l'on peut créer humainement, même avec les plus grands arguments. On peut entendre et savoir que des millions de gens meurent de faim autour de nous, tant que nous n'avons pas le fardeau, cela reste une connaissance d'un fait, une perception d'une certaine réalité. Mais cela n'a rien à voir avec le fardeau. Peu de gens ont un fardeau.
Peu de gens ont un véritable fardeau. Nous avons parfois des élans, des intentions, des désirs, mais tout cela n'est pas forcément le fardeau. Nous pouvons prendre des décisions, sortir de l'argent pour soutenir, et même prier, mais tout cela n'est pas forcément le fardeau. Le véritable fardeau, c’est de donner sa vie pour les autres. Sans un véritable amour, personne ne peut servir le Seigneur. A 22 ans, j’ai mis ma vie au service de Dieu. Beaucoup de gens ont des fardeaux, mais ce sont des jougs humains. Ils sont préoccupés par leurs intérêts, ou par les intérêts de la vision, de la maison, du ministère, de la famille ou du couple. Mais cela n'est pas forcément le fardeau. Le véritable fardeau est divin, je l’ai porté, en ayant comme message principal la repentance et l’amour divin. Ce fardeau divin m’a transporté dans plus de 40 pays dans le monde.
Paul, dans l’une de ces lettres aux Corinthiens, disait : « Même si je vous ai attristés par ma lettre, je ne le regrette pas. Et si je l'ai regretté - car je vois que cette lettre vous a momentanément attristés - je me réjouis maintenant, non pas de ce que vous avez été attristés, mais de ce que votre tristesse vous a amenés à changer d'attitude, car vous avez été attristés selon Dieu, si bien que vous n'avez subi aucun dommage de notre part. » 2 Corinthiens 7 : 8-11
Tout ministère doit commencer par une vraie repentance. Jean-Baptiste a commencé son ministère par la repentance (Matth. 3 :2). Jésus a prêché la repentance au début de son ministère (Matth. 4 :17)
Les Apôtres aussi ont commencé leur ministère par la repentance (Actes 2:38). La vraie repentance du péché amène à la conversion et la conversion au salut.
Comment voyez-vous la pléthore d’écoles bibliques, est-ce un problème pour l’Eglise, Pourquoi ?
A mon humble avis, ce n’est pas une mauvaise chose d’avoir plusieurs écoles bibliques. Mais là où il y a problème, c’est le niveau d’études universitaire et théologique des fondateurs de ces écoles bibliques. La pléthore d’institutions de formation pastorale et théologique pouvait être une bonne chose si ceux qui créent ou dirigent ces écoles sont eux-mêmes bien formés. La Bible déclare en Luc 6 :39 « Il leur dit aussi cette parabole : Un aveugle peut-il conduire un aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous deux dans une fosse ? »
Je souhaite que notre ministère de tutelle pense sérieusement à ce phénomène.
Pourquoi est-il important de se faire former, selon vous ?
Avant d’aborder à proprement parler le thème de la formation que vous avez souhaité, il nous faut d’abord regarder l’étape de la configuration, car la formation permanente n’est « que » le prolongement et la croissance d’une vie d’un disciple qui se laisse de plus en plus configurer au Christ, en le voulant et en y collaborant activement.
La formation du disciple et la configuration au Christ accompagnent bien sûr toute la vie. Ce que les dénominations ‘étape de formation du disciple’ et ‘étape configuratrice’ entendent proposer est l’attention spéciale à donner, en deux périodes de la formation initiale, à la conscience d’être disciple et à la nécessité de comprendre l’appel au ministère et à la vie sacerdotale comme une configuration continuelle au Christ.
Les disciples ont passé trois ans avec Jésus, qui leur a enseigné la Bible, le pastorat, la théologie, l’exégèse et l’herméneutique.
Un pasteur sans formation ne sera jamais crédible dans ce monde où on exige un diplôme même à un plombier.
Soyons sûrs de bien voir clair ! Les paroles de Jésus font allusion aux Pharisiens qui s'imaginaient être les seuls conducteurs du peuple ! Mais leur orgueil comme leur légalisme, observant et sanctionnant sans miséricorde le moindre écart des prescriptions de la loi, les rendaient aveugles. Nous ne pouvons conduire les autres, quand nous ne sommes plus capables de nous juger nous-mêmes, et de voir la « poutre » qui est en nous. Le disciple se doit de veiller à ce que rien ne vienne obstruer sa vision. (Luc 6 : 39-42)
Pour moi, il est très important d’aller à l’école biblique, pour subir une transformation du caractère, subir un brisement et avoir un bon équilibre spirituel. Car le fruit est toujours révélateur de la qualité d'un arbre ! De même, les paroles sont révélatrices de ce qui remplit le cœur. Ce qui est sur les lèvres dépend de ce qui est dans le cœur. Les Pharisiens « disent et ne font pas », dit Jésus. Il enseigne un principe plus élevé chez ses disciples ; leur parole doit révéler le fondement de vie nouveau qui est en eux. La parole du disciple sera le fruit de sa vie en Christ.
Mais il existe aussi des personnes formées, mais qui sur le terrain produisent autre chose que ce qu’ils ont reçu et cela contribue à salir l’Eglise, votre avis dessus !
La Bible déclare en Ecclésiaste 7 : 8 « Mieux vaut la fin d'une chose que son commencement ; mieux vaut un esprit patient qu'un esprit hautain. »
Dans toute corporation, il y a toujours des brebis galeuses. Aussi, dans le corps de Christ, il y a des ministres de Dieu qui ont bien commencé, mais quand la période des épreuves survient, ils chutent et laissent le diable entrer dans leur ministère. Cependant, il y a en d’autres qui cherchent le gain facile. Dans leur mentalité, être ministre de Dieu, signifie être riche. Pour cela, ils renient Christ, ils falsifient les Ecritures en leur profit, et s’attachent aux pratiques païennes comme la vente d’huile d’onction, des mouchoirs, de l’eau bénite, des bougies et autres…Nous trouvons cela déplorable, car ce n’est pas la vision de Jésus Christ lorsqu’il choisit et envoya ses disciples. (Matt 10 : 6-10)
Aujourd’hui, plusieurs ministres de Dieu commencent bien mais finissent mal ; c’est regrettable !
Comment remédier à de telles situations ?
1 Tim 4 : 1 « Mais l'Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi, pour s'attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons »
Paul avertit son fils Timothée que dans les derniers temps, plusieurs abandonneront la foi et s’attacher aux démons. C’est ce que nous voyons aujourd’hui. Le remède, c’est la prière et l’unité de l’Eglise, afin que Jésus Christ suscite « le reste » parmi les faux pour prêcher et enseigner la bonne nouvelle, c’est-à-dire, l’Evangile de la vérité, le Christ ressuscité. Ce réveil est nécessaire pour renverser les projets diaboliques contre les églises locales et leurs responsables.
Je pense que l’Etat doit aussi jouer sa partition face à cette situation chaotique que connait l’Eglise à cause de ces pasteurs véreux que je qualifie de « bandits spirituels ».
Certains affirment qu’ils sont formés directement par Dieu, donc la formation dans une école biblique n’est plus importante, que répondez-vous à de telles assertions ?
Ceux qui disent de telles bêtises ne sont pas les vrais disciples de notre Seigneur Jésus Christ.
Matt 11 : 1 « Lorsque Jésus eut achevé de donner ses instructions à ses douze disciples, il partit de là, pour enseigner et prêcher dans les villes du pays. »
On voit qu’à travers ce verset, Jésus Lui-même enseignait ses disciples. Un ministre de Dieu doit se faire former, sinon il devient sérieux danger pour le Corps de Christ.
Jean 14 : 26 « Mais le consolateur, l'Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. »
Ce verset nous dit que c’est le Saint-Esprit qui nous rappellera ce que Jésus nous a laissé comme enseignement. La formation biblique ou théologique est très importante, elle permet à l’impétrant d’être au prime abord brisé et transformé à l’image de Christ, ensuite d’acquérir de la connaissance, la foi et l’art d’interprétation des Ecritures.
Dieu nous a laissé Sa parole afin qu’elle serve d’inspiration pour former les disciples que nous sommes.
Pour finir, vous êtes le président des divisions Afrique et Europe de Freedom Covenant Seminary, comment pouvez-vous présenter l’institut ?
Freedom Covenant Seminary est fondée en 1980 à Marysville, dans l’Etat de Washingtion par le feu Dr David Lathrop. Il a formé d’imminents ministres de Dieu aux USA, en Inde, au Parkistan, en Europe et en Afrique.
La division Afrique a vu le jour en Côte d’Ivoire en 2004 et la division Europe en 2010, dont je suis par la grâce de Dieu le président.
La vision, de l'Institut Théologique et Pastoral Freedom Covenant Seminary est de donner aux étudiants une formation biblique, théologique et pratique fondée sur la parole de Dieu, la Bible.
Nous désirons :
Apporter aux étudiants, la formation théologique et pratique en vue d’exercer le ministère selon Éphésiens 4 : 11
Développer la maturité spirituelle : la formation du caractère dans le cadre d’une vie communautaire. Nous croyons que le messager est aussi important que le message.
Encourager chaque étudiant en vue de l’excellence : « C'est pourquoi aussi nous prions continuellement pour vous, afin que notre Dieu vous juge dignes de la vocation, et qu'il accomplisse par sa puissance tous les desseins bienveillants de sa bonté, et l'œuvre de votre foi » 2 Thessaloniciens 1 : 11
Notre mission ne consiste pas seulement en une formation théologique, ni non plus de donner une simple formation pastorale. Mais nous avons aussi et surtout pour ambition de former DES DISCIPLES DU CHRIST, DES FILLES ET DES FILS DE DIEU.
Ceci par la transmission de la connaissance biblique, afin de donner à l’étudiant une base inébranlable pour le progrès et la croissance explosive de sa foi et de son ministère !
En effet, la vie chrétienne, de même que le service de Dieu, reposent sur le fondement de la Parole de Dieu. Et celle-ci nous dit : « Le monde attend la manifestation des fils de Dieu ! ».
Désormais, FCS-CI est un Institut Théologique et Pastoral dévoué à bâtir des disciples et à répondre à la volonté dernière du Christ, celle de l'accomplissement de la grande commission. Matthieu 28 : 18-20
Votre mot de fin sur la thématique l’impact de la formation sur le ministère !
« S’instruire pour ne pas être un danger ». Tel est le slogan de notre institut, car nous croyons sérieusement qu’un pasteur qui n’a pas subi une formation biblique est un blocage à la maturité spirituelle des chrétiens. Le manque de formation pastorale et théologique a forcément un impact négatif sur la foi du peuple de Dieu. Car la Bible affirme en Rom 10 : 17 « Ainsi la foi vient de ce qu'on entend, et ce qu'on entend vient de la parole de Christ. » Comment le pasteur peut-il transmettre la foi s’il est incapable de prêcher et d’enseigner la parole de Christ ? Or c’est pendant la formation qu’on reçoit ou on apprend les rudiments nécessaires pour expliquer les Ecritures, pour guérir les malades, expulser les démons dans les corps.
La thématique de l’impact de la formation sur le ministère vient à point nommé, parce qu’elle met en exergue les quatre dimensions du ministère à savoir : la prédication, l’enseignement, la guérison et la délivrance.
Jésus enseignait, Jésus prêchait, Jésus guérissait, et Jésus expulsait les démons dans les corps. Tout ministère authentique doit avoir ces fondements authentiques des quatre dimensions dans le ministère.
Luc 6 : 17-19
« 17 En descendant avec eux de la colline, Jésus s’arrêta sur un plateau où se trouvaient un grand nombre de ses disciples, ainsi qu’une foule immense venue de toute la Judée, de Jérusalem et de la région littorale de Tyr et de Sidon[a]. 18 Tous étaient venus pour l’entendre et pour être guéris de leurs maladies. Ceux qui étaient tourmentés par des esprits mauvais étaient délivrés. 19 Tout le monde cherchait à le toucher, parce qu’une puissance sortait de lui et guérissait tous les malades. »
Les gens étaient venus l’entendre, écouter ce que Jésus avait comme enseignement.
Ils étaient aussi venus voir comment la parole de Christ prenait la forme de leur maladie et de leur problème. Ils étaient venus pour l’entendre et être guéris.
La Bible dit une force se dégage de lui. Que Dieu nous donne des prédicateurs qui dégagent cette force, une force surnaturelle.
Quand l’homme de Dieu parle, qu’on sente une force sortir de lui qui soit capable de guérir, de transformer l’auditoire.
Quand nous rentrons dans le sacerdoce, il y a ces 4 dimensions que nous devons manifester dans l’exercice de notre ministère : la prédication, l’enseignement, la guérison et la délivrance.
Merci pour votre attention.
Que Dieu vous bénisse !
Réalisée par Ethan
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